Gaston Garino. Un hommage à l'homme de la ville de Puteaux.

Publié le par Souvenir Français

Je voudrais rendre hommage à Gaston Garino, un homme qui fût l’un des piliers de notre ville depuis quarante ans en tant qu’adjoint au Maire à la ville mais aussi en tant que citoyen, commerçant et acteur de cette ville.

Gaston-Garino-SF.jpgChaque matin il était dans les rues de la ville, observait, rendait compte, agissait en permanence. Cette forte  personnalité au caractère bien trempé vient de rejoindre ses ancêtres.

Monsieur Gaston Garino  avait vécu plusieurs vies. Ce n’était pas un homme de l’héritage. Ce n’était pas un fils à papa, il s’était fait tout seul, à la force de son caractère.

 Résistant à 17 ans, il avait pris sa part dans la réalité de la guerre. Pour autant, il ne vous inondait pas de ces faits d’armes, il ne vous noyait pas de ces « grands hommes » qu’il avait rencontré.

A la sortie de la guerre, il reprit des études et devint ce que l’on appelait autrefois un "ingénieur maison".  C’était une époque ou un valeureux, un ambitieux, dans le bon terme de l’expression,  pouvait de Manœuvre devenir Ouvrier Qualifié, Technicien et même, patron de son entreprise, pour peu que vous en ayiez les qualités et les capacités.

Amoureux des voitures et de la mécanique, il créa à Puteaux sa propre entreprise. C’est là que l’ancien Maire le trouva et lui proposa de le rejoindre dans son équipe municipale en 1971. Il y resta 40 ans, jusqu’à la fin. Fidèle à la ville. A cette ville qu’il aimait passionnément.  

01-Papa-et-Garino.JPGJe l’ai souvent vu ces derniers mois avant qu’il ne soit obligé de rester chez lui. De rester auprès de ceux qui ont su lui prodiguer les soins, l’affection et une présence permanente jusqu’à ces derniers instants.

Je l’avais vu chez lui il y a un mois déjà. Déjà très affaibli physiquement, il avait gardé sa tête, son caractère. J’admirais cet homme qui, devant moi, se battait et c’est battu jusqu’aux derniers moments.

Je me souviens de ces derniers mois où  j’ai eu l’honneur, à la demande de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, d’avoir pu l’aider à terminer son deuxième livre concernant le Marquis de Dion Bouton. Une œuvre considérable qui explique les grandeurs d’un homme, son génie, son inventivité. Grâce à Gaston Garino, j’ai appris tant de chose sur un domaine dont j’ignorais tout. D’un regard espiègle, il vous assénait des réalités oubliées volontairement ou non comme par exemple, cette invention des moteurs électriques plaçaient sur les roues en 1926. Il riait de vous voir surpris. Cette invention que l’on dit nouvelle aujourd’hui, était dans les cartons du Marquis de Dion Bouton. C'est Gaston Garino qui, dans ce livre puissant, a mis en lumière cette réalité, cette volonté à un moment de l'aventure industrielle, de mettre le tout pétrole en avant bien plus favorable aux Etats-Unis de l'époque. Il m'expliquait en ce temps là, la force de l'industrie du Marquis qui inondait le marché américain de ces voitures bien plus performante que la Ford T d'Henri Ford. Tout celà est oublié, Monsieur Gaston Garino le met en lumière.

 J’ai, par la suite, participait à son troisième livre sur les peintres de Puteaux. Là aussi, j’ai appris et découvert tant de choses. Cet homme avait une culture gigantesque qui avait comme guide, la seule curiosité et l’amour de l’étonnant !

De fait, sa culture forte allait de la mécanique à la peinture en passant par la poésie. Il faisait partie de ces autodidactes qui vous renversaient par leur connaissance. Pour autant, il ne vous écrasait pas de sa culture. Pourtant, il aurait pu le faire mais cet homme avait la conscience de lui-même et des autres.

Pendant ces derniers mois, j’ai découvert l’homme au-delà de l’adjoint au Maire que je côtoyais alors en tant que Conseiller Municipal à une certaine époque. J’ai découvert l’homme sensible, l’homme aimant la vie, le père, le mari.

Monsieur Gaston Garino  avait cette soif de la vie sans avoir peur de la mort. Ce qu’il craignait par dessus tout, c’était l’incapacité d’être lui-même. Ce grand bonhomme, cheveux long comme un étendard, marchant droit et vous regardant droit dans les yeux. Ce qu’il redoutait c’était de présenter une image de lui-même qui n’était pas lui-même. Ce que je comprenais fort bien. Parce qu’au-delà du physique, il y a l’esprit. L’esprit de Gaston Garino n’acceptait pas la diminution physique. C’était une évidence. Mais courageux, il faisait face. Ses yeux ne trompaient pas. Gaston Garino était là dans ce regard. Il s’est battu jusqu’au bout, totalement. Même la mort a dû apprécier ce combat de tous les jours.  

Il n’avait pas peur de la mort, car il savait me disait-il, la chance qu’il avait eu de vivre pleinement sa vie. Une vie pleine d’événements dont il a su utiliser et parfois retourner quand ceux-ci étaient défavorables.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et il faut de l’intelligence, du courage pour affronter les eaux tumultueuse et refuser la fatalité. C’était un homme dompteur de fleuves. Tout à l’opposé des fatalistes. Il me disait la chance d’avoir rencontré des femmes et des hommes de grands talents. D’avoir aimé les femmes et d’avoir rencontré sa femme et d'avoir donné la vie à sa fille qu'il aimait tant. Nous avons parlé très souvent de la vie, de la mort et de ces êtres chers qui ont fait son bonheur. Ce n’est pas la mort qui l’effrayait mais le fait de laisser tous ceux qu’il aimait profondément derrière lui. Tout cela dit avec une grande pudeur. Gaston n'était pas un homme qui s'apitoyait ou se glorifiait. Sa famille était son jardin secret. Dans ces moments là, il laissait les anges passer lentement. J'étais patient. Il rassemblait ses souvenirs, puis il reprenait la parole soit sur sa vie soit sur son livre. Merci Gaston de m'avoir offert ces moments.

Quand nous nous promenions dans la ville, quand nous allions boire un café, de nombreux putéoliens venaient le saluer avec respect. Cet homme, cet adjoint au Maire, Monsieur Gaston Garino était apprécié si ce n’est aimé, par la population. Il va manquer à la municipalité. Il va manquer dans les couloirs de la Mairie, il va manquer dans les rues de notre ville. Il va nous manquer à tous.  

Alors mon humble hommage, ma modeste contribution  ne sera certainement pas grand chose parmi d’autres hommages bien plus talentueux que le mien.

Je voudrais remercier la présidente du Souvenir Français Madame Den Marais-Hayer de m’avoir ouvert son site pour pouvoir rendre hommage à ce grand bonhomme qu’était Gaston Garino.  

Monsieur Gaston Garino déjà fatigué, avait tenu à être présent à l’assemblée générale du Comité du souvenir Français.  Il était décoré de la légion d’honneur. Il était attaché aux souvenirs des armées, de la résistance. C’est donc également un hommage du Souvenir Français.

Gérard Brazon

S. F AG du 25-2 2011 027

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