La France ce grand pays qui est le notre
n’existe pas depuis 1940. Le Comité du Souvenir Français de Puteaux se souvient de cette bataille qui fit de la France une
puissance, une Nation dit-on. La Bataille de Bouvines.
La France que le Général Charles de Gaulle admirait
est issue de nos Rois de France bien avant les Empereurs Charlemagne, Napoléon 1er et Napoléon III. De même des 5 Républiques qui ont suivi. On l'aurait-on sûrement appelé
au temps des Rois, Charles de Gaulle le grand. Il aimait cette France et avait un profond respect pour toute la lignée de nos Rois et Empereurs
qui l'ont faite.
Elle a bien plus de 1000 ans mais sa signature dans le Monde et singulièrement en Europe remonte à cette fameuse
bataille des Bouvines gagnée par le Roi Philippe Auguste. C’est à
cette France qu’il faut aussi songer lorsque, trop souvent, nos dirigeants héritiers oublient l'héritage et les racines.
Cela commence par des coalitions comme d’habitude. Contre cette France trop nombreuse en habitants, trop riche en
sol, trop puissante potentiellement.
Les coalitions ? La France de l’Empire en connaîtra de nombreuses jusqu’à la chute de l’Empire de Napoléon.
En 1214, le
royaume est menacé:
Jean sans
Terre a réussi à monter une coalition avec Renaud de Dammartin, le comte de Boulogne; le comte Guillaume Ier de
Hollande, Ferrand, fils cadet du roi de Portugal et
comte de
Flandre et surtout Othon IV, empereur romain
germanique. La plupart des seigneurs installés entre l'Escaut et le Rhin se joindront à cette
coalition.
L'année précédente, alors que le Roi de France Philippe Auguste guerroyait déjà contre Ferrand de Flandre, les Anglais (Cette « perfide Albion » avec laquelle depuis toujours nous avons été en guerre et ce jusqu’à l’entente cordiale signé en
1904suivant en cela les traces de Napoléon III) avaient anéanti la flotte française dans le port de Damme (31 mai 1213). (Ils récidiveront à Aboukir en 1798 et plus tard à Mers el Kebir en
1940).
Les coalisés envisagent un plan d'invasion d'envergure dans lequel les troupes
anglaises de Jean sans Terre attaqueront par La Rochelle et Othon et ses alliés par le Nord. En Flandre, Philippe Auguste ne contrôle plus que les villes de Douai et de Cassel. Cela ne vous rappelle t’il pas les plans d’invasion de l’Empire ?
Othon et son armée arrivent le 12 juillet à Nivelle et se dirigent vers Valenciennes. Le 23
juillet, l'armée de Philippe Auguste quitte Péronne pour
Douai et arrive à Tournai le 26. Le roi
entend couper ses ennemis des renforts en provenance d'Allemagne et tente de surprendre Othon par le nord-est.
L'empereur a vent de la manœuvre de Philippe Auguste et se déplace à Mortagne à quelques lieues de l'armée royale. Philippe Auguste est conscient de son infériorité numérique et décide de se replier
sur Lille. Nous sommes le dimanche 27 juillet, l'armée française doit traverser la Marque et emprunter le pont de Bouvines.
Les forces en
présence
Aujourd'hui encore, l'évaluation des forces en présence suscite des controverses. L'historiographie française
classique fait souvent référence à des troupes coalisées trois fois plus nombreuses que celles du roi de France. Philippe Auguste lance un appel aux communes du nord de la France, afin d'obtenir
leur concours. Dix-sept des trente-neuf communes de l'état capétien répondent à l'appel. Au total, l'armée royale atteindrait 7 000 combattants. (Nous sommes loin des centaines de milliers de soldats des batailles Du 1er Empire)
L'armée royale est divisée en trois
batailles.
La bataille centrale est menée par Philippe Auguste et ses principaux chevaliers. L'aile droite, composée de
chevaliers champenois et bourguignons. L'aile gauche, composée de chevaliers et de la piétaille ».
Othon a également divisé son armée en
trois groupes.
Le flanc gauche avec ses chevaliers flamands. Le centre sous le commandement de Othon: on y trouve des soldats
saxons, des chevaliers et des fantassins brabançons et allemands. Le flanc droit, comprend également de l'infanterie brabançonne et des chevaliers.
La bataille.
Le premier choc fait s'affronter les forces d'Eudes de Bourgogne et l'aile gauche de l'armée d'Othon, commandée
par Ferrand de Flandre. Les chevaliers chargent vigoureusement et au bout de quelques heures, Ferrand se rend, consacrant la déroute du flanc gauche d'Othon.
L'affrontement au centre est en revanche initialement dominé par l'infanterie de l'empereur, avec l'objectif de
tuer Philippe Auguste. Ce dernier se trouve d'ailleurs pendant un instant à la merci des soldats allemands et ne doit son salut qu'à l'intervention in extremis de ses chevaliers, et notamment
d'un petit seigneur picard, Wallon de Montigny Carotte. Celui-ci voyant Philippe Auguste en mauvaise posture, ramasse l'étendard royal qui était au sol et l'agite vigoureusement au dessus de sa
tête pour alerter les chevaliers français et permettre de dégager le roi. Quelques instants plus tard, Othon manque à son tour de se faire occire par les chevaliers français Guillaume Des Barres
et Girard La Truie. Il ne doit son salut qu'à sa fuite du champ de bataille.
Robert de Dreux est à la peine. Ses troupes sont tout d'abord enfoncées par les hommes conduits par Guillaume de
Longuépée et Renaud de Dammartin et sont obligées de défendre le pont de Bouvines pied à pied. Guillaume
de Longuépée finit par être capturé et ses soldats anglais prennent la fuite. Renaud de Dammartin, le dernier à résister farouchement sur le champ de bataille finit par se rendre à la vue de la
débandade générale de ses alliés. La victoire de Philippe Auguste est totale, ses pertes en hommes minimes et une bonne partie des seigneurs coalisés est entre ses mains.
Après la
bataille.
Bouvines est « l'une des batailles
décisives et symboliques de l'histoire de France ». On dit même que la France en tant qu’entité et peuple découle de la bataille de Bouvines.
Othon s'enfuit et perd sa couronne ; le Saint Empire romain germanique
éclate en morceaux. Ferrand de
Flandre passe quinze ans en prison au Louvre. Dépossédé de la Normandie, du Maine, de l'Anjou de la Touraine et de la Bretagne depuis 1206, Jean Sans Terre cesse les
hostilités contre la France, et regagne l'Angleterre. Pour sauver sa couronne, Jean sans Terre est contraint d'accorder à ses barons la Grande Charte (1215).
Il nous faudra attendre 1789, la mort d’un Roi sur l’échafaud pour qu’enfin des droits soient reconnus au peuple.
L’Angleterre avait pris de l’avance sur la France et à cette époque personne ne l’avait réalisé.
Du côté français, la dynastie capétienne sort renforcée tandis que les récentes acquisitions de Philippe Auguste sur Jean sans Terre sont consolidées.
Contrairement à Jean sans Terre, Philippe Auguste est désormais l'arbitre incontesté au-dessus de ses barons. Le retour de Philippe Auguste à Paris est triomphal ; ces festivités — qui
durèrent six jours — seront exploitées par la monarchie pour en faire l'une des premières manifestations de l'unité nationale.
Tiré de mes recherches et de Wiképédia
Gérard Brazon
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